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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 17:28

Stephen king DesolationREM New adventures

 

Note de concordance : 7/10

 

Je n'avais pas l'intention d'écrire sur cette Bande Originale de Livre aujourd'hui, ayant déjà fait une association entre Stephen King et R.E.M. il y a quelques mois (séance de rattrapage ici ). Mais voilà, triste actualité, fin de parcours pour le groupe de Michael Stipe. Après avoir été transporté par tant de sublimes chansons, je me devais de rendre hommage à cette noble retraite en revenant sur ce qui est mon album préféré du groupe. "New adventures in hi-fi".

 

Les bases de cet album ont été posées sur la route, en tournée. Inspirés des méthodes du petit groupe qui assurait leurs premières parties (un groupe qui a quelque peu grandi depuis, des dénommés Radiohead), ils ont enregistré en pleines répétitions pour leur concert, presque en conditions live, dans une certaine immédiateté.

En sont ressortis des riffs poussiéreux, des guitares sous tension, un rock plus profond que le jouissif et éclaboussant "Monster".

 

C'est sur la même route peut-être, mais au + loin des terres, que se situe "Désolation". Sur la Highway 50. Désolation est une ville minière aux allures de western fantôme. La vibrante et inquiétante "How the West was won and where it got us" est la bande son idéale pour traîner ses bottes dans ce décor désertique, alors que son piano se désarticule comme le destin désaccordé de quelques personnages coincés là. Stephen King signe une de ses meilleures entrées en matière, vive sans que l'action n'ait vraiment démarré, effrayante sans que l'horreur n'ait de nom ou de geste. En quelques mots dans le dialogue d'un couple en voiture et l'évocation d'un chat crucifié sur un panneau, toute la tension du roman est accumulée, toute l'attention du lecteur aussi. La sirène d'un gigantesque policier enfonce le clou. A coup de batte de baseball.

 

Cette sirène affolante, c'est la même qu'on entend tout au long de la magistrale "Leave", hallucinante virée qui trempe quelques mesures acoustiques dans un bain de métal hurlant, de riffs urgents, d'accords d'argent. Comme une injonction à fuir criée au malheureux couple. Trop tard, le Maniac Cop les traîne derrière les barreaux de cette ville passée sous un chalumeau de mort.

 

Les quelques rescapés des massacres perpétrés par le grand policier se cachent, d'un vieux cinéma aux recoins d'une mine où un mal ancestral ronge Désolation + ardemment que les tempêtes de sable. La guitare lourde de "Low desert", ses relents country, attaquent l'histoire de Stephen King par les mêmes rafales. Stressantes, alors qu'il faut se cacher du monstre qui cherche ses proies dans la ville abandonnée, les portes grincent, aussi grippées que les notes de "Undertow" balancées comme la carrosserie d'un camion.

 

Ne vous y trompez pas, "New adventures in hi-fi" n'est pas une amerloquerie rock lourdingue. Un feu d'artifice d'arrangements vient affiner chaque morceau. Des ballades nous font régulièrement souffler, une brise hawaïenne agite quelques palmiers, Patti Smith nous envoie un P.S. bouleversant... 

 

Ces titres moins brûlants ne couvrent pas si bien "Désolation" musicalement, mais offrent un relief harmonieux aux routes profondes de R.E.M. D'ailleurs ce disque, sommet d'inspiration, se trouve être largement supérieur au livre du King. En effet, dans ce contexte minier c'est un roman mineur, rehaussé de quelques suspenses réussis et d'images chocs qui imprègnent la rétine mentale. Le déroulé est toutefois si banal, qu'on pourra préférer le roman siamois de l'alter-ego kingien Richard Bachman, "Les régulateurs", beaucoup + culotté et innovant. Quand Stephen King change de peau, cela donne des résultats beaucoup + intéressants que lorsque c'est Tak, l'entité maléfique à la fois invisible et prévisible.

 

les régulateurs

 

Les mutations de R.E.M. ont pour leur part pris fin, selon toute vraisemblance. Michael Stipe fera-t-il le saut du solo ? Peter Buck formera-t-il un nouveau groupe ? Mike Mills jouera-t-il de la basse sur une île déserte ? Bill Berry sera-t-il à l'initiative d'une reformation, lui qui a quitté le quartet pendant les 90's ? Et surtout, surtout, la + exaltante des questions : reverra-t-on tout ce beau monde sur B.O.L. ? A cela je peux répondre : vue la glorieuse discographie de R.E.M., c'est certain.

Bon vent à ces messieurs qui nous ont apporté tant de plaisir...

 

 

Comment nous avons gagné l'ouest et où ça nous a perdu :

http://www.youtube.com/watch?v=9BC07l2_zKU

 

Fuyez ! :

http://www.youtube.com/watch?v=cZUmrpzmYCg

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Published by Felix Leiter - dans musique et littérature
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commentaires

mickael 29/09/2011 19:54


Aprés une rude journée de labeur, quel plaisir de lire cet article; qui m'a foi, me parrait de loin le meilleur que tu ai écris. La description est aussi la bol me semble aussi parfaite que lorsque
tu nous parles de tes decouvertes musicales dans les cdb.


Felix Leiter 03/10/2011 18:53



Merci ! Je suis heureux si je peux donner un peu de plaisir... A partager comme un bon verre d'anisette. Et c'est vrai que ces deux oeuvres fonctionnent très bien ensemble, alors pour en parler
ça aide .



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