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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:09

Villa Tristemagic numbers runaway

 

Note de concordance : 5,5/10

 

Il est des Bandes Originales de Livres qui s'imposent un peu par hasard, un peu par flemme. "The Runaway" est une de celles-là,

la galette collée à la platine,

mes fesses collées à la chaise de la terrasse qui s'éteint doucement,

mes lèvres collées à un apéritif solitaire

(collez ici l'image de votre alcool préféré),

mes yeux collés sur "Villa Triste".

Ainsi The Magic Numbers se sont invités et leur venue fut des + plaisantes. Je retardai leur départ.

 

A bien y réfléchir, ce disque avait sa place au coeur d'un livre dont les personnages sont également touchés, comme moi ce soir-là, par l'inaction. Où l'effervescence a comme seul réceptacle des flûtes dorées.

Pour son quatrième roman, Modiano médite sur le temps passé, le temps qui passe. Dans une ville fantôme, Evian (moi aussi, j'y reviens...), le narrateur se souvient de l'été 62.  Des images fanées s'animent. Reprennent vigueur. Les couleurs de cette saison particulière l'éblouissent à nouveau, s'empourprent là où se dressait l'Hôtel Hermitage.

Jeune et innocent, terrorisé d'être appelé en Algérie, Victor se réfugie à quelques brasses de la Suisse. Sa naïveté séduit un homme fantasque et une jeune femme oisive. René Meinthe et Yvonne Jacquet, deux bulles de champagne dans une coupe raffinée. Puis trois : Victor dépose ses encombrantes valises, symbole de ses racines, dans leur monde de luxe. Bons mots, mondanités, monde à nuités... La grande vie en grand hôtel. Le grand train...

Modiano gomme les repères concrets comme les noms de villes : ses personnages pétillants éventent leur passé, l'argent coule de nulle part... seul compte le Présent. Et l'élégance !

 

C'est sans aucun doute le lien le + fort avec le troisième album des londoniens. Car si l'apparence de ces deux paires de frères et soeurs fait davantage penser à un Charles Ingalls qui aurait porté la peau de l'ours ma léché après l'avoir tué, leurs chansons pop redéfinissent la finesse.

 

the magic numbers

 

Les voix et les choeurs, au masculin et au féminin, se passent le relais pour emmener la chanson au loin. Et les morceaux s'immiscent dans la tête, trouvent des angles originaux, des courbes harmonieuses pour aller se loger dans les cellules les + moelleuses de votre cerveau. Travail d'orfèvre que ces pièces, dont les pincées de cordes illuminent la candeur (saluons le travail de feu Robert Kirby, arrangeur de Nick Drake, sur cette partition). Un orchestre au lustre précieux donne un port de tête noble à ces douze morceaux ; en particulier le treizième ! Trésor caché. Musique de chambre ambrée, relecture parfumée du single "The Pulse".

 

Tiens, les paroles de ce titre sont les questionnements d'un homme que la peur a enfermé dans une bulle, où les sentiments ne l'atteignent plus. On est presque chez Victor. Sauf que les sentiments de Victor s'épaississent. Et dans un monde de légèreté et de rencontres chics, l'épaisseur n'a pas sa place. Les projets sont une démonstration de lourdeur. Participer à un concours d'élégance, c'est  l'entreprise la + concrète qu'Yvonne puisse amorcer ! Alors partir à deux aux USA, terre promise à l'activité... La parenthèse enchantée s'ouvre. La bulle éclate.

Seul compte le Présent...

 

De son écriture souple, Modiano nous parle d'innocence qui se flétrit, de la patine et de l'éphémère. Comme ses personnages insondables, son style charme de façon mystérieuse. Il rend impalpable l'ennui et gracile l'immobilisme. L'adaptation cinématographique de Patrice Leconte (sous un nom différent : "Le parfum d'Yvonne") est agréable mais n'a pas la force magnétique du roman.

Inutile de préciser que Leconte ne s'est pas servi des ballades classieuses ("Restless river")  et des ritournelles R&B (incontournable "Why did you call ?") des Magic Numbers dans sa BOF. Leurs chansons de dentelles resteront un secret un peu trop bien gardé. On ressort + difficilement qu'on croit du cocon tissé par le quatuor, des mirages mélodiques, des lits-camaïeux qui nous bercent. Leur bulle s'élève.

Seul compte l'Intemporel...

 

Partageons le secret, ouvrons le coffre au trésor...

http://www.youtube.com/watch?v=1nqrtG90Baw

 

... et laissons les violons faire de l'oeil aux guitares :

http://www.youtube.com/watch?v=4MVJiE4E2Q0&playnext=1&list=PL378A98B4BD3EB413

 

 

 

 

 

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Published by Felix Leiter - dans musique et littérature
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