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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 19:27

 

it.jpgThe-Cure-join.jpg

 

Note de concordance : 9/10

 

Paradoxalement pour quelqu'un de passionné comme moi, ce sont les oeuvres qui me tiennent le + à coeur que j'ai le + de mal à aborder et à décrire. Alors lorsqu'il s'agit de parler de mon groupe favori et de ce qui est très certainement mon roman préféré de Stephen King, voire mon roman préféré tout court, j'en frémis d'avance.

Remarquez ça tombe bien, la peur est un thème central de ce livre et de sa B.O.L.

 

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un album mais une seule et unique chanson que j'ai gravée entre les mots d'un livre. Certes "Fear of Ghosts" s'étire sur près de sept minutes, mais "Ça" pèse bien ses 1'200 pages, alors rassure-toi cher lecteur, je faisais des pauses ! Cela n'empêche pas qu'aujourd'hui, je frissonne et tends la main vers sept amis imaginaires dès l'intro inquiétante de cette ritournelle angoissée qui n'est en fait qu'une "simple" face B du single "Lovesong" (La gueule des déchets chez The Cure ! Ca doit donner envie à certains musiciens de se reconvertir en éboueur !). Toutefois, c'est un roc, que dis-je, c'est un animal que ce titre, se déplaçant à pas de géant. Le corps menaçant de cette partition avance lentement, chaque membre s'imposant avec grâce et puissance. 

 

the-cure-lovesong.jpg

 

Si cette chanson a des atours effrayants, je ne l'associe pas pour autant à Grippe-sou, le clown qui se nourrit de la peur des enfants, mais plutôt au « Club des Ratés », ces sept gamins dont on voit naître l'amitié. Catalogué maître de l'horreur, c'est pourtant avec une tendresse exacerbée que Stephen King raconte les touchants événements qui scellent, en plusieurs cachets de cire écarlate, une amitié réciproque et absolue face à la terreur, face à l’enfance qui fuit - aspirée par une grande bouche peinturlurée au sourire glaçant (tiens, à la Robert Smith…).

Usant d'une construction alambiquée et à cheval sur deux époques (1958, l'enfance, 1985, l'âge adulte), King aurait pu se retrouver le stylo entre deux chaises et rendre lourd ou inepte ce récit. Au contraire, maîtrisant totalement ses effets

(impossible)

, il passe de l'un à l'autre de ses sujets en laissant le lecteur pantois, à sa merci.

 

C’est ainsi qu’on redevient un enfant en lisant « Ça», dépendant de Papa King : « raconte la suiiite !!! ». L’attachement aux héros étant le second vecteur ; on devient presque le huitième passager en lisant leurs aventures préadolescentes. On fait du vélo à Derry avec eux, on met  la main à la pâte pour ériger le barrage, on refume notre première cigarette ensemble. J’ai même saigné du nez par solidarité avec Bill, alter ego d’un soir. Et on tremble littéralement lorsque le clown (Ça, pour les intimidés) apparaît !

(jamais !)

Il m’est même arrivé de sursauter, trahi par The Cure. Il se trouve que Robert Smith s’est absenté pendant le mixage de cette chanson et qu’un technicien s’est trompé à 3 minutes 18 secondes, remontant un fader trop tard : la guitare reprend subitement du poil de la bête et vous hérisse l’échine en perçant les synthés flottants ! Puis les touches de piano émergentes suffisent en principe à se calmer. Ces petites notes me renvoient aux idées subconscientes qui remontent

(à la hauteur)

le cerveau, représentées dans l’écriture de Stephen King par un effet de style pertinent et adapté : de courtes phrases italiques entre parenthèses, scalpels éventrant les paragraphes. Il tire ainsi à la surface une autre couche de récit sous-jacente, extrait les pensées les + profondes de ses personnages, leurs souvenirs, en quelques mots. Les pensées sont des images

(une montagne)

et King manie aussi bien les images que les mots.

 

En symbolisant les traumatismes enfantins et la lutte interne de l’adolescence, par un mal ancestral qui s’en prend aux enfants, King, épique et culotté, a laissé son bateau en papier s'engloutir dans les tréfonds de son imagination, et signé un chef d’œuvre.

(jamais à la hauteur, bien trop gros pour moi)

Une première adaptation cinématographique, plutôt indigne, a vu le jour en 1990. Une rumeur enfle comme un ballon de baudruche sur le toujours éclairé Club Stephen King (voir lien permanent), dont l’architecte vient justement de terminer un livre sur les adaptations du King (Jetez un oeil ! http://club-stephenking.fr/news.php?lng=fr&pg=2048).

L’espoir d’un nouveau film au budget + dodu est en train de naître.

 

Hollywood m’entends-tu ? Je t’ai déjà trouvé la bande originale !

http://www.youtube.com/results?search_query=the+cure+fear+of+ghosts&aq=f

Hummm, le son semble venir des entrailles de la terre - via des lueurs oranges - mais il n’ y a pas mieux…

 

 

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Published by Felix Leiter - dans musique et littérature
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