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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 07:12

ToXicradiohead

 

Note de concordance : 7.5/10

 

Mode d'emploi :

 

Partie 1

 

a) A l'orée de la sieste, ouvrir les pages de "ToXic" et laissez le parfum enivrant des cases embrouiller les fils de votre tête. Les images vous embobinent, arachnéennes. Laissez-faire ; laissez-reposer.

 

b) Tombez de cases en cases en cascade. Kafka rampe sous les planches somptueuses de ce récit labyrinthique. Abandonnez-vous aux dessins qui se font écho, à cette rivière omniprésente qui trimballe un tas de déchets toxiques et mentaux, aux scènes qui s'emmêlent dans un grand baiser lynchien.

 

c) Soyez déroutés.

 

d) N'ayez pas peur, ce cauchemar n'effraie pas. Charles Burns titille les sens, c'est tout. Si ce personnage perdu croise des larves peu ragoutantes, accrochez-vous à l'idée qu'il s'agit d'une version moins figée de Tintin, un Tintin perdant son innocence d'un chapitre à l'autre. Un aventurier de l'onirisme qui explore ses malaises pour mieux leur échapper ?

 

 Toxic1         Toxic2

 

e) Savourez ces mondes parallèles qui se perpendiculent, les visions obsédantes de Doug à différentes périodes de sa vie dont il ne se rappelle que le présent. Ses pérégrinations répétitives intriguent... Comme un disque rayé dont le diamant trouverait de nouveaux sillons sous le vinyle.

 

f) Faites-vous à l'idée que le monde s'effrite. Qu'il faut faire avec. Que c'est quand même notre monde et qu'il faut l'aimer malgré tout. Tout ici est pourrissant, mais la moisissure c'est de la vie. Comme ces œufs-champignons-fœtus protéinés que mange Doug. Ce récit circulaire aspire à sentir la spirale d'un monde qui change.

 

 g) Armez-vous de patience, une bonne artillerie, car Burns bouscule le temps mais ne se précipite pas. La suite de "ToXic" viendra. Mais on ne sait quand et on ne sait quels chemins l'auteur prendra... La science-fiction, l'innocence perdue et l'adolescence - thème cher à Charles Burns si merveilleusement transcendé dans "Black Hole" - l'hommage à un autre auteur qu'Hergé, une réflexion sur la mémoire et le temps, la rationalisation, un conte de fée... ? Tant d'ouvertures qui peuvent donner sur n'importe quoi, comme la fissure dans la chambre de Doug...

 

 

Partie 2

 

a) Au crépuscule de l'éveil, plantez les graines de "The King of limbs" dans vos oreilles. Les sons, fantasmorganiques, vont s'enraciner dans votre cerveau. Ne rajoutez pas d'engrais, Radiohead, en surstock, en met toujours une bonne dose naturelle. 

 

b) Le train se met en route avec "Bloom" - rythmique locomotive... Les rails se croisent et s'entrecroisent, les lignes musicales se superposent, en canon. La voix de Thom Yorke se fait écho. La vie précède la naissance, la mort donne vie, le temps n'a plus de sens, n'est plus qu'un espace, un océan que Radiohead noie (oui, ils en sont capables : après les Chuck Norris Facts, les Radiohead Facts).

 

c) Soyez déroutés.

 

d) N'ayez pas peur, ce disque n'est pas si hermétique. Les Radiohead sont des aventuriers, il faudra toujours les suivre dans des explorations. Les paysages vierges et les sensations nouvelles se greffent violemment aux terres connues - il faut bien avancer, ne pas se figer. On se familiarise aux rêves communs des cinq d'Oxford, en suivant les branchages touffus de leurs compositions.

 

e) Comme un disque neuf dont le diamant creuserait de nouveaux sillons au fur et à mesure. Les audaces électro de Thom Yorke et sa bande se dévoilent par couches, fascinantes métamorphoses... Glissez-vous dans l'interstice des notes obsessionnelles de "The King of Limbs", et remontez des feuilles à la racine, ces mélodies aqueuses.

 

f) Faites-vous à l'idée que le monde s'écroule. Ou qu'il mute. Une peau de serpent que le groupe s'affaire à contempler, à imiter. Leur musique en constante révolution n'est rien de moins que celle du monde qui renaît, tremble, s'autodétruit, dans l'ordre que vous voulez.

 

g) Armez-vous de patience, toute une armada, car c'est au compte-goutte que Radiohead délivre ses chansons depuis quelques temps - la sève est précieuse. Un 45T d'inédits par-ci ("The Butcher/Supercollider"), un téléchargement par-là, un titre inédit en live au milieu : quel est leur projet, finalement, pour écarter de l'album une chanson aussi réussie que "Staircase" ?. La rumeur d'une deuxième partie à "The King of limbs" a bien du mal à s'éteindre...

 

http://www.youtube.com/watch?v=tFTLxkMmY4M

 

   

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Published by Felix Leiter - dans musique et BD
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commentaires

Francky 01 11/10/2011 23:04


Connais-tu "Johnny 23", l'auto "pastiche pirate" de "ToXic" créé par Charles Burns lui-même et édité chez Le Dernier Cri ???
C'est un livre fait comme un "vrai" pirate chinois (même les dialogues) et qui répond, en écho, à "ToXic". Un bon complément à cette oeuvre !!!


Felix Leiter 12/10/2011 07:26



Non, je ne connaissais pas, merci pour l'info ! Il est vraiment génial ce Mister Burns ! Rien que la couverture avec son île noire, trop fort. Je vais me lancer dans la quête de cet objet...



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