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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 21:12

la-princesse-des-glaces.jpgaswefall

 

Note de concordance : 8/10

 

Comment allier le froid et le chaud sans devenir tiède ? Un enjeu de taille...

La solution de Camilla Läckberg : enfouir son intrigue sous une neige glaçante mais parler de sentiments, et glisser sur une histoire d'amour plutôt que sur du verglas.

Celle d'Aswefall : utiliser les codes cold-wave mais compter sur la chaleur d'un dance-floor pour remonter le mercure.

 

Ce qui intéresse Camilla Läckberg, à l'instar d'Erica, son héroïne et alter-ego écrivain, ce sont les structuresCamilla Lackberg psychologiques qui mènent à une personnalité et aux relations humaines. L'affaire policière est quasiment un prétexte pour étudier diverses tensions familiales, ainsi que les faisceaux de l'amour. Car Erica Falck est une biographe qui marche dans les pompes de Bridget Jones ! Un petit bourrelet de complexes et quelques kilos de loose en trop.

 

Ce n'est pas tant sa liaison distrayante avec un policier qui fonctionne le mieux avec la musique stressée d'Aswefall, que l'enquête, évidemment. Car Erica découvre le corps d'une amie d'enfance dans une baignoire glacée. "La Princesse des glaces". Un suicide aux reflets de meurtre. Assez naturellement, elle va gratter, fouiller, régulièrement devancer la police suédoise.

L'ambiance des grandes maisons de bois, des demeures bourgeoises, des salons saturés de secrets s'épaissit de mystères grâce au son caverneux d'Aswefall.

 

Le duo electro parisien (mais si l'on veut être précis, franco-suédois, ce qui donne une caution supplémentaire à cette Bande Originale de Livre) creuse dans le dur une musique aux sombres projections. Avec une grande place accordée aux plages instrumentales, les synthés tétanisent des mélodies sous-jacentes, qui jaillissent parfois de nulle part, comme les secrets mal enfouis.

Aswefall n'est pas groupe à se vautrer dans la facilité. Ils auraient pu reproduire à l'infini leur tube embarqué sur une pub Air France, "Between us" - http://www.youtube.com/watch?v=GrYCh9L3w94. Comme ils auraient pu recycler à l'infini le son de The Cure, influence majeure et ô combien bienvenue ; "Memphis", longue et majestueuse comme une traîne aswefall duode mariée en pleurs, est d'ailleurs un hommage humble et chaleureux à "All cats are grey". Clément Vaché et Leo Hellden préfèrent gratter, fouiner, régulièrement devancer leurs confrères de toutes origines !

Avalés, assimilés, digérés les claviers de Depeche Mode, la basse de Simon Gallup, l'ambient de Brian Eno, Einaudi et ses silences... Et c'est au fil d'un étrange blizzard synthétique que de plastiques beats imposent une cadence, une urgence à "Fun is dead". Des molécules de notes séminales gouttent le long des morceaux, en transparence - naissance d'un monde cristallin qui parasite l'austérité.

 

"Fun is dead" respire la sortie de club, la porte du videur qui assourdit les derniers tambourinements, les oreilles qui sifflent, les jambes lourdes, la sueur qui se fige autour du corps, l'aube timide. La nostalgie et le plaisir se saluent. C'est l'heure à laquelle le spleen et l'excitation se croisent sur le même trottoir.

 

L'heure d'Erica, justement. La jeune femme culpabilise. Elle devrait se morfondre d'avoir trouvé son amie morte, même si elles ne se fréquentaient plus. Au lieu de cela, cette énigme stimule ses élans d'écriture. Essor vulturin, inavouable.

Des cadavres, des disparitions, un père inconnu, un peintre maudit, une adoption trouble, bien des mystères à dépêtrer... Pour + de réalisme, L'auteure passe souvent le relais de l'enquête à un jeune policier qui devra extirper des ténèbres les nombreuses révélations chocs de cette histoire. Cela ne suffit pas à combler quelques faiblesses dans le récit. La fameuse technique du délai pour maintenir le suspense ("oh, je trouve une lettre primordiale et la fourre dans ma poche, mais je l'oublie et n'y repense que trois chapitres + tard !") est quand même à pleurer de rire. Allez, ce sera tout pour les critiques car la psychologie des personnages est fort bien décrite, et il faut du talent pour le faire sans ennuyer le lecteur. Quant aux filasses de l'intrigue, elles sentent le drame et le renfermé. Tout ce qu'on aime dans le polar scandinave.

 

Ajoutez-y la couche de glace bleutée d'Aswefall pour parfaire la lecture. Leur electro minimale et audacieuse ponctionne la moelle des 80's sans jamais déborder dans d'insoutenables sonorités fluorescentes. C'est la luminescence d'une crypte. 

Inventif, remuant, exotique, ce sublime album investit les neurones aussi bien que Camilla Läckberg. 

 

L'inquiétante et très adaptée "Shadows of love" :

http://www.youtube.com/watch?v=cKhGvPhJcUU

 

La magistrale "Exotica", et sa production de tueur en série !

http://www.youtube.com/watch?v=UaI4kxQ5UR8

 

 

 

 

 

 

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Published by Felix Leiter - dans musique et polar
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commentaires

Loser 29/07/2011 00:11


Ay Camilla !
Tu as choisi ce bouquin pour son auteure mmmm ?
Coquin...
J'ai beaucoup aimé :
"Des molécules de notes séminales gouttent le long des morceaux, en transparence - naissance d'un monde cristallin qui parasite l'austérité."
La biz


Felix Leiter 29/07/2011 07:18



Jolie photo, oui... Voilà pourquoi je passe l'éponge sur son style pas toujours au top !!!


Merci pour le compliment ! Venant du Loser, je suis flatté.



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