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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 14:53

connardBlack Keys

 

Note de concordance : 7,5/10

 

 

Le livre est en travaux, la lecture entravée de frustrations.

Le disque est en chantier, l'écoute enchantée de riffs souillons.

 

Vous ne trouverez donc pas ce livre en magasin, même dans votre meilleure librairie, ni même à la Four letters word ! Du moins pas encore. Car s'il fallait miser sur l'émergence d'un talent, comme on met des sousous sur les poulains de MyMajorCompany, c'est sur ce faux tocard dit "Loser" que je plaquerais tout mon pécule.

Rendez-vous donc sur le trépidant site Atramenta (www.atramenta.net) pour découvrir gratuitement le feuilleton "Connard" (la saison 1, le début de la 2, le cross-over "Happy Meal").

Savourez cette gratuité : si le monde est bien fait, vous devrez vite payer pour lire Loser Esteban. Quoique... comme ce dernier s'acharne à nous prouver que le monde est mal foutu, l'Homme bancal... allez savoir. 

 

Les mots du Loser sentent le soufre. Il fixe les travers humains à la perceuse, dans un nuage de poussière ferreuse ; je me doutais qu'il viendrait se coller au son graisseux des guitares de The Black Keys. Le duo semble avoir eu peur de tourner en rond dans leur Ohio natal, ils ont donc pour leur sixième album ouvert la porte à quelques courants d'airs pop. Mais le blues demeure le socle, solide comme un FUCK.

Avec "Brothers", on quitte donc le Royaume du BBlues classique, pour une production crasseuse qui réussit l'exploit de faire revivre l'authenticité du son frelaté des blind boys d'antan, tout en soignant la griffe de la modernité. La marque du Beau, selon Baudelaire.

 

Le beau délétère plante ses fleurs du mal le long de chaque phrase, dense massif. Comme chez les Black Keys, l'universel et le moderne se chevauchent (on entrecroise les tiraillements les + profonds, la stérilité de Coldplay, les héritages de l'enfance, Beigbeider mijotant "Un roman français" dans sa cellule, etc). Hymne à la littérature autant qu'à la nature pathétique des hommes, "Connard" suit amusément les traces d'un psychopathe passionné de langues (au sens figuré ? Vous rigolez ?) et de ses poursuivants, prétexte accrocheur pour collecter la connerie de l'espèce humaine. Chasseur émérite, Esteban la saisit dans ses moindres cachettes, le sujet est donc vaste. Comme un Expert trouve des traces de sperme sous une froide lumière bleue, il révèle nos tâches, nos pensées les + sales, les bassesses tabous, la pauvreté du quotidien.

Cette littérature au foie malade, gavée de pinard et de Céline, est d'une précision qui vous découpe en tranche. Ecrit à la première personne singulière ou à la onzième personne du pluriel, ce feuilleton trouve sa + grande force dans sa (protéi)forme. Celle-ci est traversée d'une liberté et d'une inventivité jubilatoires, capable de muter en roman épistolaire, en pièce de théâtre, en élans métaphysiques, et même de voir des personnages reprendre leurs droits et tendre un vigoureux doigt d'honneur à l'auteur.

 

Loser

 

Les aventures crasses du petit monde rigolard d'Esteban résonnent pleinement dans les échos garage des Black Keys. Revenus d'une incursion rap avec le projet Blakroc, ils ont ramené en souvenir une audace et un sens du groove encore + affutés.

La basse est une bombasse. Affamée comme un Beck avide sur "Sinister Kid", aguicheuse sur "Ten cent pistol", elle fera de vous une marionnette dansante. La soul coule de ses pores, comme les grasses rythmiques de la gratte saccadent le blues en cascade. La transe est sublimée par cette production badine, les orgues suants, les bricoles de l'invité Danger Mouse sur "Tighten up".

Cachés par la rudesse médiatisée des White Stripes et le séduisant je-m'en-foutisme cabotin des Libertines (on est sous l'ombre croisée des deux groupes dans "Unknown brother" !), The Black Keys ont mis le temps à sortir du statut culte pour devenir un groupe qui compte, dont on attend avidement la suite.

 

On attend aussi la suite de "Connard", de nouveaux chapitres coups de poing qui frappent la provocation de Palahniuk en plein thorax, de nouveaux coups de scalpels à la Houellebecq. On veut savoir si le Commissaire Issaire retrouvera Vincent Gland dit le Connard avant que les langues ne se délient. Et on veut que la batterie de "Brothers" vienne cracher son tempo sur ces mots hématomes.

On veut encore qu'Esteban appuie là où ça fait mal, dans une masochiste catharsis. On veut de son huile de coude, des phrases qui sentent la vieille vaisselle, des sentiments qui puent. Fouette-nous Esteban ! Tes maux nous font du bien !

 

 

Puisqu'on en est à la gratuité, Youtubez et Atramentez en même temps :

http://www.youtube.com/watch?v=mpaPBCBjSVc

http://www.atramenta.net/lire/connard-saison-1/34109

 

Et encore du blues brut :

http://www.youtube.com/watch?v=-jr0194uC-M

 

       

 

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Published by Felix Leiter - dans musique et littérature
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commentaires

Loser 27/07/2011 23:56


Le poster des Black keys décore le vestibule, mon Loup blond... la biz


Loser 27/07/2011 20:11


Suis bluffé... tout connement... Je t'embrasse bien fort et t'attends fébrilement pour une 'tite soirée Loup garou...


Felix Leiter 27/07/2011 21:07



J'espère que tu as posé une oreille sur The Black Keys, Loser magnifique !



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